Les Clubs Citoyens 60 ont été créés en 1959, comme le Club
Jean Moulin, l'Association pour la démocratie et l'éducation
locale et sociale (ADELS), et bien d'autres, pour redonner un sens à la
démocratie.
Actifs dans le combat pour la décolonisation, les Groupes d'action
municipale (GAM), la défense de l'environnement, la lutte des femmes,
présents dans la reconstruction de la gauche, ils cessèrent d'exister
après la naissance du PS au Congrès d'Épinay en 1971.
Ils avaient consacré leurs forces à la formation civique des
classes moyennes par l'approfondissement des questions politiques, économiques
et sociales.
En 1989, nous étions une quinzaine, qui avions milité dans
des partis, des syndicats, des associations de parents d'élèves, des
mouvements d'éducation populaire. Pour la plupart, nous avions adhéré
à ces projets de société fondés sur l'égalité, la justice sociale,
la promotion des plus défavorisés, la solidarité. Nous avions le goût
du politique que nous tentions de traduire dans nos engagements.
Nous vivions depuis huit ans l'expérience d'une majorité politique
de gauche, puis d'une cohabitation au gouvernement. Les années d'espoir
avaient laissé la place aux désillusions, la gauche n'avait pas réussi
à réduire le chômage, les inégalités s'étaient accrues, la gauche
ressemblait à la droite, le débat politique s'était réduit aux
querelles de courants et le pragmatisme le disputait au cynisme.
Nous étions passionnés de politique, mais déçus par la politique.
Alors, sans illusion sur l'influence que nous pouvions avoir et sans prétention
sur ce que nous voulions construire, nous avons décidé de créer ce
club, nous situant dans la filiation des Clubs citoyens 60.
L’époque, où l'idéologie nous donnait l'illusion que l'on
pouvait discourir en politique sans connaissance ni compétence, était
révolue. C'est timidement et avec prudence que nous sommes entrés en débat
avec nos invités, spécialistes des questions que nous voulions
aborder.
Progressivement, nous avons construit un espace d'échange et d'écoute
avec le souci que soient respectées les opinions et sensibilités
diverses.
Nous avons voulu créer un lieu de confrontation des idées, de
formation en politique et de propositions. Les deux premiers buts sont
atteints. Le troisième pose la question de l'action politique et de
l'engagement. Il est toujours en débat.